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une procédure de destitution lancée au Chili contre Sebastian Piñera

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L’opposition chilienne a demandé, mercredi, au Parlement de lancer une procédure de destitution contre le président Sebastian Piñera, relative aux révélations de l’enquête des Pandora Papers. La Chambre des députés, puis le Sénat, devront se prononcer sur l’accusation de conflit d’intérêt dans la vente d’une compagnie minière.

Le président chilien Sebastian Piñera se retrouve dans la tourmente à quelques semaines des élections générales. Le Parlement chilien va entamer l’étude d’une procédure de destitution lancée par l’opposition contre l’élu pour la vente controversée d’une compagnie minière, réalisée dans un paradis fiscal et révélée par l’enquête internationale des Pandora Papers.

Le président Piñera a utilisé « sa fonction pour réaliser des affaires personnelles », a déclaré mercredi 13 octobre le député d’opposition Tomas Hirsch après le dépôt de la requête devant la Chambre basse, première étape du processus de destitution.

La Chambre des députés, contrôlée par l’opposition (83 des 155 sièges), doit maintenant décider si elle approuve ou si elle rejette l’accusation. Si la chambre basse l’approuve, ce sera au tour du Sénat de se prononcer par un vote des deux tiers. « Cela pourrait prendre plusieurs semaines », assure Thomas Nicolon, correspondant pour France 24.

Les deux chambres doivent se prononcer avant les élections générales du 21 novembre où un nouveau président sera élu et le Parlement renouvelé.

Fin 2019, Sebastian Piñera, dont le mandat s’achève en mars 2022, a déjà fait face à une tentative de destitution pour la répression violente du soulèvement social contre les inégalités, mais l’initiative n’avait pas abouti.

« Une affaire close par la justice », selon Piñera

Le gouvernement a accusé l’opposition de porter « une accusation sans base légale » avec des motivations politiques. « C’est la chose la plus sale de la campagne électorale », a déclaré le porte-parole Jaime Bellolio.

Cette procédure, qui n’a selon le président « aucun fondement », vient s’ajouter à l’enquête pénale ouverte il y a cinq jours par le parquet régional de Valparaiso (centre) dans la même affaire.

Sebastian Piñera, un des dirigeants politiques apparaissant dans les Pandora Papers, l’enquête divulguée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), a démenti tout conflit d’intérêt dans la vente de la compagnie minière à un ami proche et clame sa « totale innocence ».

Le président de droite, un des hommes les plus riches du Chili, estime qu’il y a déjà eu en 2017 « une enquête approfondie du ministère public » et que c’est « une affaire close par la justice ».

Le parquet a toutefois fait valoir que les faits liés à la vente et à l’achat de la société minière « n’étaient pas expressément inclus » dans la décision de non-lieu de 2017.

La vente a eu lieu en 2010 pendant le premier mandat du chef de l’État chilien (2010-2014), à nouveau au pouvoir depuis 2018.

Des intérêts « personnels » et non environnementaux

Selon une enquête menée par les médias chiliens CIPER et LaBot, membres de l’ICIJ, la compagnie minière Minera Dominga a été vendue à l’homme d’affaires Carlos Alberto Délano, un ami du chef de l’État, pour 152 millions de dollars, une transaction opérée aux îles Vierges britanniques.

Le paiement de la transaction devait être effectué en trois versements, et contenait une clause controversée qui subordonnait le dernier paiement à la condition « qu’une zone de protection environnementale ne soit pas établie sur la zone d’exploitation de la société minière, comme le demandent des groupes écologistes ».

D’après l’enquête, le gouvernement de Sebastian Piñera n’a finalement pas protégé la zone où l’exploitation minière était prévue, si bien que le troisième paiement a bien été effectué.

Pour le député Tomas Hirsch, le président Piñera a « ainsi empêché qu’une zone unique sur la planète soit déclarée réserve naturelle, uniquement pour favoriser ses intérêts personnels ».

Ce projet d’exploitation à ciel ouvert de cuivre et fer dans le désert d’Atacama (nord), toujours en attente d’une décision de la Cour suprême après des recours, prévoit aussi la construction d’un port de chargement de minerais à proximité d’une réserve nationale abritant des manchots de Humboldt, une espèce menacée qui ne nichent qu’au Chili et au Pérou.

Début août, une commission d’évaluation environnementale a approuvé le projet malgré les protestations des défenseurs de l’environnement, mais doit encore recevoir l’aval en Conseil des ministres.

Pendant son premier mandat, Sebastian Piñera avait annoncé l’annulation d’un projet de construction d’une centrale thermoélectrique qui devait être installée près de Minera Dominga. Plus aucune autre mesure de protection n’avait ensuite été prise.

Avec AFP



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